Après le Comité d’alerte, il faut un deuxième souffle conventionnel
L’Assemblée Nationale précédente avait fixé un Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM) dit ambitieux, en réalité intenable. Aussi, le Comité d’alerte se déclenche. Le directeur de l’UNCAM devra proposer des mesures correctrices. La Ministre de la Santé a attiré l’attention sur la réponse insuffisante de la maîtrise médicalisée pour l’équilibre des comptes de l’Assurance Maladie. Dans cet imbroglio politico-financier, les médecins généralistes libéraux se demandent ce qui va leur tomber sur le coin de la figure.
Alors, certes la maîtrise médicalisée peut toujours être accentuée, évidemment le panier de soins peut être encore réduit, tout cela est utile. Mais dire aux Français que ces mesures suffiront, alors que tout le monde sait que l’accroissement des frais médicaux est inévitable du fait des pathologies lourdes et du vieillissement de la population, serait, dans cette période dite du parler vrai, la plus grosse des supercheries.
Aussi, il est évident que l’avenir du financement de la sécurité sociale est au moins aussi important que l’action nécessaire sur la dépense. Cela passe par, évidemment, une augmentation des rentrées financières. Il faut souhaiter que le recul du chômage permettra d’asseoir des revenus suffisants sur la durée. Mais un accroissement nominal de ces cotisations sera un passage obligé pour maintenir un système de soins de qualité. Les médecins spécialistes en médecine générale que nous sommes pourront poursuivre ainsi à rendre service à la population dans le cadre de leur compétence.
C’est à l’intérieur de la convention actuelle, favorable aux médecins traitants, que doit se faire l’évolution. Il faut poursuivre l’amélioration de la condition de nos métiers, pour participer activement à la maîtrise médicalisée. Il faut donc un second souffle comme dans tout exercice physique. Cela permet souvent d’emporter la décision.
Le rapport du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance maladie recadre la rémunération
Que n’a-t-on pas entendu sur le revenu des médecins généralistes ? Certes, tout n’est pas parfait mais l’évolution récente est responsable d’une réelle augmentation des honoraires et par tant de la rémunération nette des médecins de famille. Il se peut que par la variabilité de l’exercice, inhérente à l’exercice libéral, cette sensation peut ne pas être celle de certains d’entre nous. Le Haut Conseil considère que la rémunération évoluera de 29 % (18% en euros constants) entre 2002 et 2008. Ceci bien sûr à condition que les réévaluations prévues s’appliquent aux dates actées.
Cette approche permet au médecin de se rendre compte du travail effectué depuis la crise des vingt euros. Cette dynamique doit être poursuivie pour permettre le maintien de la médecine de premier recours libérale, la plus adaptée pour répondre aux besoins de la population avec compétence et souplesse.
La prochaine évolution par la nomenclature des actes cliniques doit maintenant apporter une réponse à la charge de travail dans la prise en charge des patients et des pathologies complexes.