| VIGILANCE…
Quelle mobilisation exceptionnelle que celle des médecins libéraux en ce mois de janvier, avec des milliers de cabinets fermés pendant plus d’une semaine et plus de 20 000 médecins et internes manifestant dans le froid à Paris le 10 janvier dernier !
Bravo et merci à tous ces médecins d’avoir crié leur colère face au mépris et à la maltraitance de ce gouvernement et des parlementaires à leur égard.
La ministre de la Santé a su écouter et comprendre les raisons de cette colère. Elle a pris des décisions qui répondent pour partie à nos attentes avec, pour ce qui concerne les médecins généralistes, la décision de nous exclure du projet de loi sur les fraudes sociales et de permettre aux médecins des zones sous-dotées de ne pas être pénalisés lorsqu’ils peuvent prendre leur retraite avant 67 ans dans le cadre d’un cumul emploi-retraite. Les premiers bénéficiaires de ces deux mesures seront les patients, puisque leurs médecins traitants ne leur refuseront pas des arrêts de travail justifiés par crainte d’être sanctionnés par leur CPAM, et l’accès aux soins sera amélioré par ces médecins retraités qui continueront de travailler.
Il nous reste à obtenir l’extension de cette dernière mesure à tout le territoire car, partout, on manque non pas de médecins généralistes mais de médecins traitants.
Jamais depuis 2002 autant de médecins libéraux s’étaient mobilisés et avaient obtenu des réponses correspondant à leurs demandes.
La réussite de ce mouvement a été obtenue grâce à tous les syndicats de médecins libéraux qui, malgré leurs différences, ont quotidiennement collaboré au sein de l’intersyndicale et avec les syndicats de jeunes.
Ce mouvement est une réponse à tous ceux qui se demandent à quoi cela sert un syndicat.
Les Généralistes-CSMF délivrent un carton rouge au président de France Assos Santé qui a estimé que ce mouvement était « complètement décalé et assez violent alors que l’on ne demande pas grand-chose aux médecins libéraux ». Comment ne pas avoir compris que nous ne défendions pas des intérêts catégoriels mais les intérêts de nos patients ?
Le temps est venu de passer des paroles aux actes et, si tel n’était pas le cas, notre mobilisation devra reprendre de façon encore plus déterminée. L’intersyndicale n’a pas mis fin au mouvement de grève mais l’a seulement suspendu.
Il en sera de même si les parlementaires décidaient de donner une suite aux projets de loi anti-médecine libérale Garot et Mouiller.
Un seul dossier reste en chantier et plein d’incertitudes : celui de la quatrième année d’internat en médecine générale. Ces incertitudes concernent aussi bien les futurs docteurs juniors que leurs maîtres de stage. L’attente des médecins généralistes est grande, et nous regrettons que, sous la pression de la Conférence des doyens et de la Fédération hospitalière de France et de la Fédération nationale des centres de santé, le gouvernement a estimé que la meilleure façon d’inciter à devenir médecin libéral était de salarier les docteurs juniors ! Les Généralistes-CSMF comprennent et soutiennent le syndicat d’internes en médecine générale, Isnar-IMG, qui a décidé de quitter le comité de suivi de cette quatrième année et de déclencher une grève illimitée des internes en médecine générale tous les lundis à partir du 2 février 2026.
Si l’on doit faire un bilan d’étape de ce mouvement de la médecine libérale, ce serait SYNDIQUEZ-VOUS afin que vos syndicats soient encore plus forts.
Dr Luc DUQUESNEL,
Président du syndicat Les Généralistes-CSMF
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