Passer au contenu principal

MAIL  Les Généralistes CSMF  ///  Lundi 28 avril 2025

Les Généralistes CSMF MAIL
MAIL  Les Généralistes CSMF  ///  Lundi 28 avril 2025

ET SI FINALEMENT C’ÉTAIT UNE LOI GAROT-BAYROU !

Les discussions autour de la PPL Garot reprendront le 6 mai. Après le vote, le 2 avril, de l’article 1, qui établit la coercition à l’installation des médecins libéraux, vont reprendre les discussions à l’Assemblée nationale avec une horde d’amendements plus coercitifs les uns que les autres :

          – obligation de participer à la permanence des soins ;
          – interdiction de remplacer pendant plus de trois ans ;
          – interdiction de revendre sa patientèle ;
          – fin du médecin traitant.

Le Premier ministre, après avoir annoncé, le 1er avril, qu’il était favorable à une régulation à l’installation, a présenté le 25 avril un « pacte de lutte contre les déserts médicaux ». Ce pacte contient des propositions auxquelles Les Généralistes-CSMF sont favorables. Parmi elles figure l’universitarisation de nos territoires pour diversifier l’origine géographique et sociale des étudiants pour accéder aux études de santé. Il en est de même pour moderniser et simplifier les organisations entre les professionnels de santé sous réserve bien sûr qu’il n’y ait pas de perte de chance pour les patients, et l’implication des élus locaux pour créer des conditions d’accueil attractives pour les étudiants et les jeunes médecins.

En revanche, à partir d’une excellente proposition qui fonctionne déjà bien sur la base du volontariat dans certains territoires, qui est celle des consultations avancées dans des zones à très faible densité médicale, le Premier ministre a décidé d’en faire une mesure coercitive pour tous les médecins déjà installés autour de ces zones, avec l’obligation, sous peine de sanctions financières, d’aller effectuer deux jours par mois des consultations dans des cabinets secondaires !

Si la réponse aux problèmes d’accès aux soins ne peut être qu’une réponse collective des médecins de ces territoires, comme pour l’organisation de la PDSA et du SAS, les consultations avancées ne seront un succès que si elles se font sur la base du volontariat et sur un mode incitatif, avec des cabinets équipés mis à disposition gratuitement par les collectivités locales, et que les consultations permettent un espace de liberté tarifaire solvabilisé, et donc sans surcoût pour les patients. Monsieur Garot est favorable aux mesures du Premier Ministre, mais les estime totalement insuffisantes.

Face à un gouvernement qui, malgré la demande du ministre de la Santé, n’a pas pu obtenir de majorité au Parlement pour s’opposer au vote de l’article 1 de la PPL Garot le 2 avril, il est vraisemblable que, le 6 mai, la loi votée reprenne les mesures de la PPL Garot ainsi que les propositions du Premier ministre, c’est-à-dire une loi encore plus coercitive que la PPL Garot : une loi Garot-Bayrou, une loi anti-médecin libéral.

La mobilisation de l’ensemble des médecins libéraux et des étudiants en médecine dans les semaines à venir va donc être déterminante pour construire un « pacte de lutte contre les déserts médicaux » qui soit incitatif, afin d’éviter une nouvelle dégradation de l’accès aux soins.

Pour les médecins généralistes libéraux et au-delà de la journée nationale du 29 avril, cela commence dès maintenant par une grève totale de la PDSA et du SAS par les médecins régulateurs et effecteurs.

Dr Luc DUQUESNEL,
Président du syndicat Les Généralistes-CSMF


Toutes les informations sur la grève et la manifestation sur le site de la CSMF : https://www.csmf.org/
 

> REAGIR A CET EDITORIAL <
Interview du Dr Duquesnel. « La coercition ne peut que décourager les généralistes de devenir médecin traitant libéral »
 

Début avril, les députés ont voté la régulation de l’installation des médecins dans le cadre de l’examen de la proposition de loi Garot ; un texte décrié qui doit faire son grand retour dans l’hémicycle le 6 mai prochain. Le vote de cette mesure a suscité une levée de boucliers de l’ensemble des organisations représentatives des étudiants en médecine et des médecins installés, qui ont annoncé une grève illimitée. Pour le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF, dans un contexte de démographie médicale en berne, les mesures coercitives risquent d’aggraver encore davantage l’accès aux soins…

Mortalité infantile : encore en hausse en France
Démence : une étude suggère un rôle préventif du vaccin contre le zona