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EDITO Dr Luc DUQUESNEL, Président : De la confiance plutôt que des contraintes

Depuis début octobre, plusieurs statistiques démontrent que, malgré une démographie médicale déficitaire, les médecins de famille s’organisent pour améliorer l’accès aux soins :

– de 2016 à 2023, alors que le nombre de médecins traitants a diminué de 4 %, leur patientèle a augmenté de 23 % ;
– le nombre d’installations augmente (+22,8 %), tout particulièrement dans les zones sous-denses (+28,5 %) ;
– le nombre de patients en ALD sans médecin traitant diminue alors qu’il y a environ 345 000 nouveaux patients en ALD tous les ans ;
– les médecins sont de plus en plus nombreux à embaucher des assistants médicaux : le chiffre de 10 000 sera bientôt atteint.

Et tout cela alors que seulement 50 % des médecins généralistes sont des médecins traitants.

Et pourtant, ces statistiques pourraient être encore bien meilleures.

Des sanctions qui pénalisent les efforts des médecins

L’Assurance maladie continue de harceler, voire de maltraiter, les médecins traitants. Pourquoi sanctionner financièrement les médecins qui ont embauché des assistants médicaux et dont la file active diminue alors que leur patientèle augmente ? Prendre de nouveaux patients en ALD comme médecin traitant entraîne souvent une diminution de la file active car ces patients nécessiteront tous les ans de nombreuses consultations, et plus complexes. Il en sera de même lors de nouvelles installations de médecins ou avec l’arrivée des docteurs juniors.

La CSMF réitérera sa demande lors de la prochaine commission paritaire nationale (CPN) du 4 novembre : ne prendre en compte qu’un seul indicateur, la patientèle médecin traitant ou la file active.

La procédure MSO/MSAP :

Pourquoi maltraiter à nouveau 650 médecins traitants dans le cadre d’une nouvelle procédure MSO/MSAP ?

Le 14 octobre, lors de la présentation de cette nouvelle campagne par la CNAM, la CSMF a demandé qu’un examen préalable avec le médecin-conseil soit organisé pour chacun de ces médecins. L’objectif est de trouver une autre solution que l’arrêt de travail pour tous les arrêts très longs – mise en invalidité, licenciement pour inaptitude au poste, rupture conventionnelle, etc. – responsables d’un nombre important d’indemnités journalières, qui pénalise le médecin.

Le directeur de la CNAM a refusé, alors que nous lui avons rappelé que cette procédure était très souvent un véritable traumatisme pour les médecins contrôlés.

Pour améliorer l’accès aux soins, faisons le choix de la confiance.

Les contraintes imposées par la CNAM ne peuvent qu’engendrer de la défiance chez les médecins de famille vis-à-vis de l’Assurance maladie et freiner les nouvelles installations.

Passer de la contrainte et de la défiance à la confiance afin d’améliorer encore l’accès aux soins : la balle est dans le camp du directeur de la CNAM.

Dr Luc DUQUESNEL,
Président du syndicat Les Généralistes-CSMF