Installez-vous qu’ils disaient

Pendant des années, on a expliqué aux étudiants pourquoi il ne fallait pas s’installer.
Les charges. Les contraintes. Les gardes. Les patients exigeants. Les violences. L’administration. Les certificats. Les contrôles. Les réquisitions. Les menaces de coercition.
À force de vouloir être lucide, on finit par être décourageant.
Pourtant, une profession ne se construit pas sur la peur. Elle se construit sur le désir.
Le désir d’exercer librement. Le désir d’être utile. Le désir de bâtir quelque chose sur un territoire.
Les difficultés existent. Mais elles ne racontent jamais toute l’histoire.
Prenons les installations. Les chiffres remontent enfin. Certains y verront davantage d’internes formés.
D’autres les incertitudes politiques de 2027. Peut-être. Mais il y a aussi des équipes qui se créent, des maisons de santé qui se développent, des CPTS qui rapprochent les professionnels et redonnent envie de franchir le pas.
Prenons les arrêts de travail. Il est toujours plus simple d’accuser les médecins. Pourtant, lorsqu’un salarié ne supporte plus son travail, qu’il ne peut ni rester ni partir sans mettre en péril son équilibre personnel, le problème dépasse largement le cabinet médical. La souffrance au travail mérite mieux qu’un coupable.
Prenons les analogues du GLP-1. Entre les formulaires, les justificatifs et les parcours obésité déjà saturés, tout semble organisé pour ralentir l’accès aux soins. Avec un peu d’expérience, on peut même prédire la suite : après avoir créé l’embouteillage, le système inventera probablement un coupe-file pour contourner l’embouteillage qu’il a lui-même créé. Pourtant, une dynamique est en marche. Les traitements commencent à être remboursés. Demain, il faudra simplement faire confiance aux médecins généralistes pour les prescrire.
Même la canicule, les violences envers les soignants ou les débats permanents sur nos pratiques peuvent être regardés sous deux angles : celui du découragement ou celui de l’action.
Le premier apporte des applaudissements faciles.
Le second permet d’avancer
Parce qu’au fond, les territoires font toujours la même chose : ils inventent, ils s’adaptent, ils construisent. Parce que ce qui nous rend heureux n’est pas de remplir des formulaires ou de commenter les difficultés. C’est de créer, d’aider et de travailler ensemble.
Certaines organisations prospèrent sur les oppositions : les médecins contre les patients ou les autres professions de santé, les libéraux contre les salariés, les jeunes contre les anciens.
Et si nous faisions un autre pari ?
Celui qu’on peut défendre la profession sans alimenter les fractures. Reconnaître les difficultés sans renoncer à l’enthousiasme. Et rappeler que l’avenir de la médecine générale dépend d’abord d’une chose simple : que des jeunes médecins aient encore envie de nous rejoindre.
Car une profession qui n’attire plus s’affaiblit. Une profession qui continue à susciter du désir reste capable de changer son destin.
Alors oui.
Installez-vous, qu’ils disaient.
Et finalement, ils avaient peut-être raison.
Dr Mickael RIAHI (Article EGORA)
En direct des régions : Centre Val de Loire
Le SAS 36 (Indre) permet de diminuer les appels au 15, aux heures de PDSA la nuit
Le Service d’Accès aux soins SAS 36 a démarré sur un mode expérimental en décembre 2021. Sa particularité est d’être à la main des médecins généralistes du département, un des plus déficitaires en offre de soins de la métropole avec un numéro d’appel spécifique : le 116/117.
Les médecins généralistes y sont peu nombreux (une centaine pour 220 000 habitants) mais très soudés et pro-actifs.
La régulation y est délocalisée grâce à un logiciel libéral totalement indépendant du logiciel SAMU couplé à un agenda pour les créneaux des effecteurs.
A la dernière Assemblée Générale, du 21 mai 2026 était notée une diminution des dossiers de régulation de PDSA les soirs en semaine du fait d’une gestion des appels par le SAS 36 en journée.
Gageons que l’ARS continue de financer cette organisation originale, mais qui ne cochent pas encore toutes les cases qu’imposent les tutelles.
Voir ci- dessous les chiffres (dossiers de régulation PDSA 36/SAS36)

Infos pratiques
Canicule et plan Orsan
Versement du nouveau forfait patientèle médecin traitant : ce qui change en 2026
Fin des anciens dispositifs
- Mars 2026 : versement du solde de l’ancien forfait médecin traitant
- Avril 2026 : versement des derniers forfaits ancienne formule (structure 2025 et ROSP).
Mise en place du nouveau Forfait Patientèle Médecin traitant (FPMT)
Le nouveau forfait 2026 est calculé sur la base de la patientèle médecin traitant arrêtée au 31 décembre 2025.
- juin 2026 :
- 1er versement (déjà versé)
- 2ème versement (avant le 30 juin)
- septembre 2026 : 3ème versement
- novembre 2026 : 4ème et dernier versement.
Au total, le nouveau forfait sera versé en 4 échéances au cours de l’année 2026.
Les premiers forfaits Prévention et la Dotation Numérique (Donum) seront versés en 2027.
Régularisation des cotisations URSSAF : nouvelle assiette CSG/CRDS
Depuis le 1er janvier 2026, il y a un transfert de cotisations CSG/CRDS vers les cotisations retraites.
Globalement, pour les médecins libéraux en secteur 1, les charges baissent de 2 à 5% avec une augmentation à terme des pensions de retraite de 7 à14 %.
(source Syndicat National des Médecins Concernés par la Retraite – SNMCR)
De nouvelles règles pour la prescription des arrêts de travail
Jour J : 30ème Congrès de la Médecine Générale – WONCA EUROPE à Paris du 30 juin au 3 juillet 2026

Le Collège de la Médecine Générale (CMGF) sera exceptionnellement européen cette année et sera intégré dans le Congrès de la Médecine Générale Européen (WONCA) du 30 juin au 3 juillet, Porte Maillot à PARIS.
La WONCA revient en France pour la 1ère fois depuis 2007 : Réfléchir, ensemble, à l’avenir de la Médecine Générale.
Comme les années précédentes, Les Généralistes-CSMF seront présents et vous attendent sur leur stand.
Évènement : 32ème Universités de la CSMF du 1er au 3 octobre 2026 à La Baule : Découvrez le programme et inscrivez vous !

1er, 2 et 3 octobre 2026, cela vous laisse le temps de vous organiser. Ne manquez pas ce moment politique, syndical mais aussi convivial, l’occasion également de se former et d’échanger avec des médecins de toutes les régions.
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