Sept personnes viennent d’être interpellées pour avoir fourni de faux arrêts de travail à 1 200 assurés en Île-de-France. Certains auraient perçu jusqu’à 7 000 euros d’indemnités journalières indues.

Ils fournissaient un “kit” clé en main. Selon la cellule investigation de Radio France, sept personnes viennent d’être interpellées pour avoir fourni de faux arrêts de travail à 1 200 assurés en Île-de-France.
“Remboursement indemnités journalières entre 4000 et 8000 euros, on se charge de tout en seulement deux semaines !”, citent nos confrères, en indiquant qu’il s’agit d’un message publié sur le réseau social Snapchat. Les auteurs du message préviennent toutefois : il ne faut pas “être au RSA”, ni “être auto-entrepreneur” ou encore “avoir eu d’arrêt de travail durant les 3 derniers mois”. En échange ? Il fallait verser 60% du montant des indemnités journalières perçues.
1200 assurés auraient tenté le coup. “Les escrocs fournissaient aux assurés un faux arrêt de travail et une fausse attestation de salaire à envoyer à l’Assurance maladie”, indique José Montull, chef de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), cité par la cellule investigation de Radio France. Certains assurés auraient reçu jusqu’à 7000 euros de l’Assurance maladie. Le préjudice total est estimé, pour le moment, à 3,5 millions d’euros.
Une escroquerie de plus d’un an
Mais comment ont-ils réussi à mettre en place une telle arnaque ? Les identités des praticiens de santé qui ont signé les arrêts de travail ont été “usurpées”, tout comme les numéros de Siret des entreprises sur les attestations employeur. L’escroquerie a duré 18 mois, de mai 2024 à novembre 2025.
Contactée par Radio France, l’Assurance maladie assure que “désormais, les formulaires papier non sécurisés présentés sont rejetés” et qu’elle met en œuvre des “contrôles approfondis en amont du paiement”. L’Assurance maladie prévient aussi que “les assurés qui profiteraient de ces arrêts risquent désormais des pénalités financières pouvant aller jusqu’à 3 fois le montant du préjudice financier. Des poursuites judiciaires peuvent également être engagées”.
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