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EGORA – Il faut “en finir avec le paiement à l’acte et la liberté d’installation”, plaide le Pr Guy Vallancien

Dans une tribune publiée au sein des Echos, Guy Vallancien, appelle à changer radicalement l’offre de soins. Infirmiers en première ligne, fin du paiement à l’acte… Voici le détail de ce que propose ce membre de l’Académie nationale de médecine.

Alexis Vignais

Signature @ Pete / stock.adobe.com / Image générée par IA.
@ Pete / stock.adobe.com / Image générée par IA.

Grâce au “2 millions de professionnels” qui participent “d’une façon ou d’une autre aux soins hospitaliers publics et privés”, il n’y a pas de raison de “s’inquiéter d’une pénurie de professionnels”, selon Guy Vallancien, membre de l’Académie nationale de médecine, qui signe une tribune dans Les Echos. Mais cela, à condition de “créer un nouvel ordre dans la prise en charge des patients.”

Une proposition filée d’un constat. Celui de la “sous-productivité d’un système obèse, débordé par une multiplication d’établissements à tout faire et par le nombre de centres de décision qui se chevauchent sans cohérence”, indique l’intéressé qui évoque aussi des “règlements administratifs absurdes”. Une “situation ubuesque et coûteuse tant humainement que financièrement de l’offre de prévention et de soins.”

Alors que faire ? Miser sur les outils numériques ? Ils sont “mal adaptés à un usage pratique immédiat.” L’auteur met donc davantage en avant son souhait d’établir “de véritables systèmes régionaux de prévention.” Cela “en combinant les savoir-faire de tous les professionnels de santé engagés dans ces missions quels que soient leurs statuts et leurs modes de pratique.” Concrètement, ces réseaux “agiront chacun à leur manière dans la liberté d’entreprendre” tout en adaptant les “prestations” en fonction des besoins / moyens. Ils seraient également évalués annuellement par l’Etat qui “jugera de la qualité de leurs résultats et permettra de mieux apprécier leur efficacité.”

Supprimer “deux totems”

Deuxième solution : réviser la hiérarchie de l’offre sanitaire en mettant en première ligne des infirmiers “capables de poser un diagnostic et de prescrire un traitement pour les pathologies bénignes.” Les IPA feront, également, des actes médicaux spécialisés. “Le médecin généraliste devrait intervenir comme maître d’œuvre d’une équipe soignante regroupant tous les professionnels concernés jusqu’aux ultra-spécialistes, et non pas comme un prescripteur à tout-va”, juge Guy Vallancien.

Troisième proposition, et qui risque de faire réagir : mettre fin au paiement à l’acte et la liberté d’installation. “Deux totems d’une médecine dite “libérale” qui ne l’est plus depuis qu’elle est conventionnée”, tonne l’auteur de la Tribune. Ce dernier qualifie les honoraires à l’acte comme étant “inflationnistes“. Pour les remplacer, Guy Vallancien prône d’utiliser “la capitation” et des “contrats à la demi-journée d’exercice”. Cela “afin qu’ils effectuent les seuls actes pertinents tout en les plaçant là où les besoins sont.”

“La liberté d’installation qui obère la répartition harmonieuse des médecins dans les territoires doit être abolie”, ajoute l’intéressé. Et pour ceux qui s’y refuserait ? “Les réfractaires n’auront qu’exercer en vrais libéraux, hors du système conventionnel.”

Enfin, face à “la hausse massive de l’hospitalisation ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile”, le membre de l’Académie de médecine juge que cette évolution “génère une réduction logique et souhaitable des capacités d’hospitalisation complète.”

Signataire : Guy Vallancien, membre de l’Académie nationale de médecine.

 

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