Après un AVC, un dépistage des troubles visuels est indispensable rapidement, c’est-à-dire dans les 3 à 4 jours suivant le début de l’AVC. C’est ce que souligne l’European Stroke Organisation (ESO) qui vient de publier, pour la première fois, des recommandations dédiées.

Les présentations cliniques des troubles visuels associés à un AVC sont variées. Outre l’AVC oculaire (occlusion de l’artère oculaire), elles peuvent comprendre des troubles des mouvements oculaires (provoquant une vision double ou brouillée), une réduction de la netteté de la vision, une perte du champ visuel, une négligence visuelle, ou encore des troubles de la perception visuelle.
Ces symptômes sont particulièrement fréquents au cours de l’AVC, concernant près de 3 patients sur 4. Et dans 6 cas sur 10, ils sont directement liés à l’AVC ; le reste étant constitués par des troubles préexistants qui ont pu se dégrader. Or, ces troubles oculaires sont insuffisamment détectés en pratique chez un patient venant de faire un AVC, en partie du fait que les patients ne sont souvent pas conscients que leur vision est affectée.
Malgré ce contexte, jusqu’à présent, aucune recommandation internationale ne s’était penchée sur cette problématique. C’est chose faite dorénavant, car l’European Stroke Organisation a publié, fin 2025, ses premières recommandations sur le sujet.
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Les experts de l’ESO préconisent une évaluation systématique de ces signes oculaires, chez tous les patients ayant subi un AVC. Ce dépistage doit être effectué rapidement, idéalement dans les 3-4 jours suivant l’accident vasculaire. Il doit être effectué par une équipe spécialisée, à l’aide d’outils validés, type Befast, V-Fast, Visa, qui sont des questionnaires faciles à utilisés.
Concernant la prise en charge thérapeutique, outre le traitement spécifique (par exemple la thrombolyse précoce en cas d’AVC oculaire), les experts soulignent l’utilité des mesures de rééducation. Ainsi, ils recommandent « des interventions compensatoires de balayage ou de recherche visuelle afin d’aider à l’adaptation à une perte du champ visuel ». Une perte d’acuité visuel pourra entrainer le port de lunettes « dès que possible après le début de l’AVC ». Une prise en charge en ophtalmologie spécialisée sera aussi nécessaire en cas de troubles des mouvements oculaires, de négligence visuelle ou de déficit de perception.
En tout état de cause, les auteurs de ces recommandations insistent sur la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire du patient avec étroite collaboration entre les équipes de prise en charge de l’AVC (en particulier l’ergothérapie), la neuropsychologie et les équipes de soins oculaires (orthoptie, ophtalmologie, optométrie).
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