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EGORA – Cancer : la consommation de chou influence l’efficacité des traitements d’immunothérapie

On savait déjà de certains facteurs environnementaux, et notamment des facteurs nutritionnels sont susceptibles d’influencer l’efficacité de certains traitements cancéreux. Ce phénomène vient de nouveau d’être mis en évidence par des chercheurs de l’Institut Curie et de l’Inserm, qui viennent de montrer l’importance d’une molécule contenue dans les crucifères (chou, brocolis, chou-fleur, cresson, navet, roquette, radis…) au cours des traitements d’immunothérapie.

Dre Marielle Ammouche

Choux

Les auteurs de ces travaux se sont ainsi intéressés à l’indole-3-carbinol, qui est présent en grandes quantités dans les crucifères. Pour cela, ils ont mené une étude sur l’animal qui a montré que lorsqu’on supprimait ce composé de l’alimentation, l’efficacité d’un traitement par immunothérapie anti-PD1 s’effondrait.

Ils ont ensuite réussi à identifier les mécanismes d’action en jeu : cela passe par les lymphocytes T cytotoxiques et un facteur de transcription, notamment exprimé dans les lymphocytes T cytotoxiques. « Normalement, lors d’une immunothérapie anti-PD1, les lymphocytes vont être stimulés et réactivés pour détecter les cellules tumorales. Or, en l’absence d’indole-3-carbinol dans le régime alimentaire, les lymphocytes ne sont pas capables de récupérer leurs fonctions », explique Elodie Segura, directrice de recherche Inserm à l’Institut Curie, et dernière auteure de l’étude. « Nos travaux permettent de mieux comprendre le rôle des nutriments dans les réponses immunitaires antitumorales. Pour les patients, ces données pourraient permettre d’optimiser les régimes alimentaires afin d’assurer l’efficacité des traitements » conclut-elle.

 

Références :

D’après De Juan A. et al. Nature Communications, 2 décembre ; et un communiqué de l’Inserm/ Institut Curie (2 décembre)

 

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