D’après une récente enquête réalisée par Medscape, 22% des médecins français souffrent de burn out ou de dépression. Les impacts de cet épuisement sont nombreux, et amènent certains praticiens à remettre en cause leur vocation.

22% des médecins estiment être en burn out ou en dépression, et plus d’un praticien sur six se dit malheureux dans sa vie professionnelle. C’est ce qui ressort d’une nouvelle enquête menée par Medscape entre décembre 2024 et mars 2025 auprès de 1056 médecins français en exercice (libéraux et salariés).
D’après cette étude, publiée le 8 juillet, plus des trois quarts des praticiens souffrant de burn out “confirment que leur épuisement professionnel a eu un impact délétère sur leurs relations personnelles, notamment familiales”. Ils sont pourtant 83% parmi les répondants à estimer qu’il est important, voire très important, de passer du temps avec leur familles et leurs amis afin de préserver leur santé mentale.
Le burn out touche aussi bien les jeunes que les médecins expérimentés
Autre enseignement de cette enquête : ce phénomène touche toutes les générations. Car, “si les jeunes médecins apparaissent particulièrement vulnérables – 19% des moins de 45 ans jugent leur santé faible, contre 12% des plus de 45 ans – la tendance à la reconversion ou à l’adaptation du mode d’exercice concerne l’ensemble de la profession”, indique Medscape, dans un communiqué. Mais ce ne sont pas les seuls concernés : “les témoignages recueillis montrent que la perte de sens, la surcharge administrative et la difficulté à préserver un équilibre vie professionnelle/vie personnelle touchent aussi bien les praticiens en début de carrière que les plus expérimentés”, peut-on également lire.
“Trop de charge mentale et de responsabilités pour un tel salaire !”
Car les effets du burn out sur la vie personnelle des médecins concernés sont importants. L’épuisement professionnel impacte également la santé de ces professionnels, provoquant notamment des troubles du sommeil, de la fatigue chronique, de la perte de motivation, voire une remise en question de leur vocation.
De plus, les médecins interrogés expriment un sentiment de culpabilité. “Beaucoup expriment la difficulté à concilier leur engagement professionnel et leur vie personnelle, avec le sentiment de ne jamais en faire assez, ni pour leurs patients, ni pour leurs proches”, indique l’enquête, qui précise que certains praticiens vont jusqu’à remettre en question leur choix de carrière ou déconseiller la médecine à leurs enfants. “Le travail est trop prenant. Trop de charge mentale et de responsabilités pour un tel salaire !… Je ne conseillerai jamais ce métier à mes enfants”, témoigne ainsi une généraliste de 37 ans.
Lire aussi : “Ce n’est pas la médecine le problème, mais les conditions d’exercice” : pourquoi les généralistes déplaquent
Face à ces résultats, l’enquête met en évidence plusieurs stratégies mises en place par les médecins pour préserver leur santé mentale. Parmi elles, la pratique d’une activité physique régulière – avancée par 84% des praticiens interrogés, ainsi que l’importance accordée aux loisirs et aux passe-temps (pour 82% des répondants), le recours à la psychothérapie ou à des techniques de gestion du stress.
Ces “solutions individuelles” montrent toutefois rapidement leurs limites, note l’étude. “Le rapport plaide [donc] pour une réponse collective : repenser l’organisation du travail, alléger les tâches administratives, valoriser le temps médical et mieux accompagner les carrières. Améliorer la qualité de vie des soignants devient essentiel pour fidéliser les médecins et garantir l’accès aux soins. Dans un contexte de lutte contre les déserts médicaux, le bien-être des professionnels de santé apparaît comme un enjeu central pour l’avenir du système de santé”, conclut le communiqué.
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