///MAIL  Les Généralistes CSMF  ///  Mardi 18 décembre 2018
MAIL  Les Généralistes CSMF  ///  Mardi 18 décembre 2018

AU PIED DU MUR…

Depuis plus d’un mois, sur les ronds-points, dans les manifestations, une revendication revient fréquemment dans la bouche de ceux que l’on appelle « Les Gilets Jaunes » : les difficultés grandissantes à trouver un médecin traitant lorsque celui-ci cesse son activité ou lors d’un déménagement. Ce phénomène, au départ presque exclusivement rural, touche maintenant de plus en plus de villes et Paris est ainsi devenu un « désert médical » pour la médecine générale.

La dernière parution de l’Atlas 2018 du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) nous en apporte la preuve puisque la France a perdu plus de 7 000 médecins généralistes depuis 2010 et qu’elle va encore en perdre autant d’ici 2025.

Une donnée est rarement relevée alors qu’elle devrait guider les politiques à venir vis-à-vis de la médecine générale. Si le nombre de médecins généralistes libéraux aura diminué de plus de 27% entre 2007 et 2025, celui des médecins généralistes salariés ne cesse d’augmenter tous les ans. La raison principale est connue de tous : 30 ans de conventions médicales ont amené la médecine générale libérale dans une impasse et en ont fait la spécialité médicale la moins attractive auprès des futurs médecins. On ne peut pas en effet se retrancher derrière la seule peur de l’installation en libéral pour expliquer une telle situation car ce n’est pas le cas dans les autres spécialités médicales. Il s’agit en fait de la remise en cause du modèle économique de la médecine générale qui n’est plus viable et la meilleure preuve en est aujourd’hui les centres de santé qui proposent à des médecins un salaire de plus de 8 000€ net et un cabinet équipé avec un secrétariat. Se sont donc les collectivités locales qui financent pour partie le coût de l’exercice de la médecine générale dans le cadre d’un salariat.

La médecine générale libérale est-elle pour autant morte ?

Nous devons nous battre pour rendre viable son modèle économique car ce n’est pas la convention médicale de 2016, même si elle a représenté un début de rattrapage par rapport aux autres spécialités médicales, qui peut nous projeter sereinement dans l’avenir avec un acte de base à 25€ totalement déconnecté du contenu de nos consultations médicales.

2019 peut nous permettre de répondre à certains besoins des médecins généralistes libéraux. La négociation d’un avenant à la convention médicale pour permettre aux médecins généralistes, entre autres, de bénéficier d’un assistant médical sera un temps essentiel.

Et si le salariat semble plus attractif en début de carrière pour les jeunes médecins généralistes, pourquoi le réserver aux centres de santé ? Pourquoi les médecins généralistes libéraux ne pourraient-ils pas bénéficier, de la part de l’Etat, d’aides équivalentes à celles mobilisées par les centres de santé, pour salarier de jeunes médecins ?

Ensuite, restera à faire évoluer les niveaux et les modes de rémunération des médecins généralistes pour sortir du marasme actuel.

Ce gouvernement est donc au pied du mur. Tout est à reconstruire pour la médecine générale libérale et il pourra compter sur Les Généralistes-CSMF pour continuer à se battre pour permettre aux médecins généralistes, véritables chefs d’orchestre du parcours de santé de leurs patients, de trouver dans l’exercice libéral un cadre économique qui leur donne les moyens de répondre au mieux aux demandes de soins de la population.

Dr Luc DUQUESNEL,
Président Les Généralistes CSMF

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2018-12-18T16:31:17+00:0018 décembre 2018|Mail Les Généralistes-CSMF|1 Comment

One Comment

  1. PORTRON 21 décembre 2018 at 14 h 02 min - Reply

    Bien sûr tout le monde s’accorde à constater ; les déserts médicaux., l’épuisement du generaliste, le burn out, les patients désorientés, angoissés parfois de ne pas trouver de médecin jusqu’à l’agressivité même … alors oui on s’acc, on constate, on s’effraie…
    Et lorsque lors d’une réunion regroupant entre autres élus locaux, représentants de l’ARS , on évoque la possibilité de créer un lien entre les institutions qui reçoivent régulièrement des demandes de médecins souhaitant s’installer et les cabinets en recherche, on nous répond de façon insistante de faire un «  projet de regroupement de soins » car un cabinet, fut il de groupe, est «  invisible «  pour l’ARS, une maison médicale oui… juste que ce n’ est en rien une réponse à la question posée. Que lorsque l’on évoque la possibilité de mettre en place des mesures incitatives assorties à une obligation potentielle de ne plus pouvoir remplacer apres un certain nombre d’annees pour les remplaçants décidés à l’etr «  à vie » on nous repond «  pas de mesure coercitive envers les remplaçants « , non assujettis aux garde à préciser tout de même.. Alors là on comprend que non seulement c’ est normal le burn out et le reste mais c’est attendu, puisque cette espèce la De médecin, « les généralistes qui ne font pas de projet de soins avec l’ARS » en vue de creer une belle maison médicale est une espèce en voie de disparition programme e… alors qu’ils soient épuisés c’ est normal voire attendu patiemment, non? Une stratégie comme une autre…

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