//[EXCLU] Marine Lorphelin : “pourquoi je choisis la médecine générale”

Miss France, dauphine de Miss Univers, mannequin, blogueuse… et bientôt interne en médecine générale. Bien classée aux ECNi, Marine Lorphelin avait l’embarras du choix. Elle nous explique pourquoi la médecine générale, loin d’être un choix par défaut, est la spécialité qui lui “correspond le plus”. Et revient sur les idées reçues et jalousies auxquelles elle a été confrontée durant ses études. “J’avais à cœur de prouver que j’étais capable et que j’ai travaillé aussi dur que les autres.”

 

Egora.fr : Vous avez terminé 3795ème aux ECNi… Vous attendiez-vous à être classée dans le haut du tableau ?

Marine Lorphelin : A vrai dire, j’avais pour objectif de finir dans les 4000 premiers donc je suis plutôt fière de moi ! J’étais agréablement surprise car j’avais trouvé les épreuves particulièrement difficiles et je pensais être un peu en dessous. Mais en fait, ça correspondait à mon résultat des ECN blanches, en mars.

 

Vous ferez votre choix de spécialité la semaine prochaine… Est-il arrêté ?

Oui, mon choix est arrêté sur la médecine générale. Depuis un an environ, je l’envisageais de plus en plus. Je me suis rendu compte que c’était la spécialité qui correspondait le plus à ce que j’aime dans la médecine et à mes attentes.

Même si j’ai des difficultés à renoncer à d’autres spécialités, comme la gynécologie médicale et l’endocrinologie. J’ai adoré mon stage de gynéco ; j’aime tout ce qui a trait à la contraception, à la grossesse, aux pathologies des femmes. Ça m’aurait vraiment plu. Pareil pour…

l’endocrinologie, la diabéto… notamment pour le côté nutrition santé, qui m’intéresse de plus en plus. Ces deux spécialités m’auraient bien plu… Mais ce sont des spécialités qu’on peut traiter au travers de la MG. Je peux tout à fait faire un DU de gynéco. Quant à la diabéto et à la nutrition, on les gère aussi en tant que généraliste. C’est pourquoi je reste sur mon choix de la médecine générale, parce que je sais qu’on reste ouvert à tout.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans la médecine générale ?

J’avais réservé mon stage de médecine générale pour la fin de l’externat ; je l’ai fait juste quelques mois avant les ECN. J’avais déjà cette idée de m’orienter vers la MG et ça a confirmé mon choix. Changer d’environnement, ne plus être à l’hôpital mais en cabinet… j’ai vraiment apprécié le fait d’être un peu plus libre dans la pratique, de pouvoir gérer son emploi du temps, sa vie personnelle. Ça, pour moi, c’est très important. J’ai envie d’avoir une vie de famille et plusieurs enfants. Une carrière de généraliste, en libéral, permet, je pense, de gérer sa vie personnelle avec plus de liberté.

J’ai aussi envie de rester ouverte et de traiter toutes les pathologies et tous les patients. Pendant six ans de fac, on a travaillé toutes les matières, tous les organes. La MG, c’est la spécialité qui englobe tout ça. Je suis quelqu’un qui n’aime pas s’ennuyer et rentrer dans une routine. En MG, on a souvent des cas qui sortent de l’ordinaire, qui nous déroutent un peu et c’est ce que j’apprécie, d’avoir dans une même journée des pathologies et des patients variés.

Aujourd’hui, choisir une spécialité c’est se sur-spécialiser. A moins d’être dans un hôpital de périphérie, où un spécialiste peut encore être large dans sa pratique. Dans un CHU, un spécialiste est spécialisé dans une pathologie et je trouve ça presque ennuyeux après autant d’années d’études sur le corps humain dans son entier.

Par ailleurs, il y a encore beaucoup à faire au niveau de la prévention en santé, sur les maux de tête, les pathologies articulaires, le mal de dos… Il y a plein de messages à faire passer et j’ai envie d’être active sur ce plan en tant que généraliste. Pourquoi pas développer des campagnes…

 

Comment s’est passé votre stage de médecine générale ?

J’ai fait un stage avec deux généralistes, en…

alternance : l’un qui avait une patientèle citadine, l’autre qui avait une patientèle rurale. Je me suis rendu compte qu’on pouvait adapter son exercice. Le médecin en milieu rural est un soutien important pour ses patients, c’est le premier relai. Le généraliste exerçait dans un village éloigné de la ville et des spécialistes et je l’ai trouvé très bon dans des pathologies assez graves, il n’orientait pas immédiatement vers un spécialiste. Il m’a montrée qu’on pouvait aller assez loin dans les examens, dans la prise en charge. Le médecin citadin, lui, avait des patients plus jeunes, il traitait beaucoup de pathologies liées au travail ou à la pratique sportive. Cette variété m’a plu. J’étais vraiment heureuse d’aller en stage, même si on avait des grosses journées. Je me suis sentie bien dans cet univers. Ça n’a fait que confirmer ce que je pensais de la MG.

 

Comment voyez-vous votre futur exercice ?

Mon compagnon vit dans les îles, donc je ne sais pas si je resterai en métropole ou si j’exercerai dans les îles. Je me vois plutôt en libéral, potentiellement en maison de santé. J’aime beaucoup ce concept d’avoir d’autres professionnels de santé autour de soi – kiné, infirmière, psychiatre…- et pouvoir orienter la patientèle vers des professionnels dont on peut apprécier la clinique et la pratique. Et être entouré d’autres médecins, pour pouvoir ajuster son emploi du temps, demander des conseils à un confrère en cas de doute. Mais ma réflexion évoluera peut-être au cours de mon internat.

 

Comment avez-vous géré votre notoriété à la fac et en stage ?

A la fac, je…

ne pouvais pas faire grand-chose, tout le monde me connaissait. J’ai été une étudiante comme les autres. Pour les stages, ça a été parfois compliqué avec certaines équipes qui avaient des idées reçues sur ma personne par rapport à mon parcours d’ancienne miss. J’ai dû parfois mettre les points sur les i et leur dire que j’étais une étudiante comme les autres, qui avait des connaissances et des compétences et qu’il fallait me juger par rapport à ça.

Parfois ça s’est très bien passé, j’ai été très bien accueillie par mes co-externes, les internes, les médecins, les infirmières… Ils me posaient des questions, me félicitaient d’avoir géré les études et la carrière médiatique. Ils m’ont encouragée à aller jusqu’au bout, ils m’ont soutenue. Mais j’aurais préféré être une étudiante lambda en stage… parfois j’arrivais et on connaissait déjà mon prénom.

 

Au moins, on ne vous appelait pas “l’externe”…

Oui, moi j’avais la chance d’avoir un prénom !

 

Certains étudiants vous ont reproché de passer votre externat au soleil

Oui il y a pu y a avoir des jalousies par rapport à mon parcours. Sur…

les réseaux sociaux, je montrais les paillettes, les voyages. Mais forcément je ne montrais que ce qui faisait envie, que les meilleurs côtés! Je n’ai pas montré les heures passées à la bibliothèque à réviser, les semaines de stress avant les examens, où on ne dort pas bien. Mais je l’ai toujours dit : je n’ai pas été favorisée par ma fac. J’ai fait des demandes pour faire des stages dans les DOM-TOM et mes dossiers ont été acceptés parce que je me suis battue pour qu’ils le soient. Le temps que je passais à vaquer à mes autres activités, je le rattrapais sur mes soirées, mes week-ends et je limitais mes sorties avec mes amis. J’ai géré ma double casquette comme ça, je comprends que ça ait pu attiser des jalousies, mais je sais ce que je vaux.

Je savais déjà que j’allais faire de la MG, j’aurais pu me contenter d’un classement un peu inférieur, ça ne m’aurait pas pénalisée pour mon choix. Mais j’avais à cœur de prouver que je pouvais être dans la 1ère moitié du classement. Pour ma fierté personnelle, mais aussi pour montrer aux autres que je suis capable et que j’ai travaillé aussi dur que les autres.

 

Source : www.egora.fr

Auteur : Aveline Marques

2018-09-07T11:47:21+00:007 septembre 2018|EGORA news|0 Comments

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